COPHEGs dans la sauvegarde des orphelins primates (chimpanzés) issus du braconnage durant la crise du COVID-19 dans la Tshopo / RD. Congo
Depuis la déclaration du 1er cas de COVID-19, suivi la déclaration de l’état d’urgence en RDC le 24 mars 2020 par le President de la république, la vie de la population a connu une forte perturbation socio-financière. L’on constate de ce fait une accentuation des trafics abusifs des ressources naturelles tant dans les aires protégées que dans des forets communautaires.
Effet du COVID -19 et braconnage
Cette crise sanitaire a non seulement mise péril la survie de la population, elle a également limité les activités et les champs d’actions de plusieurs services de l’Etat chargés de contrôle du trafic des ressources naturelles, telles que la faune et la flore. Dans la grande Province Orientale démembrée, les aéroports (Bongboka, Bunia, Isiro, Buta) étant fermés pour les déplacements des personnes, la voie routière et fluviale sont restées ouvertes et favorisaient l’approvisionnement des denrées alimentaires et autres produits de premières nécessite dans les villes confinées.
Ainsi donc, plusieurs chasseurs et exploitants des ressources naturelles ont profité de cette période pour intensifier les activités de chasse (braconnage) de différentes espèces fauniques alors protégées dans des forêts classées ou ailleurs. Ce trafic, surtout celui des primates, devient dès lors assez facile d’autant plus que les écogardes des aires protégées travaillaient en service minimum et sans une grande marge opérationnelle.
Actions d’atténuation et rescousse
COPHEGs dans ses activités dans la Tshopo, en collaboration avec l’ICCN et le Jardin Zoologique de Kisangani, ont pris l’initiative de développer des contacts avec plusieurs couches de la population et service de sécurité. Conformément à la loi N°14/003 du 11 Février 2014 relative à la conservation de la Nature en RDC, l’objectif de cette initiative était de convaincre les détenteurs illégaux des orphelins bébés chimpanzés et autres espèces défendues de possession à les rendre aux services habilités. Ces animaux récupérés devraient ensuite être envoyés directement au Centre de Réhabilitation des primates de Lwiro, sous la facilitation des gestionnaires dudit centre.
1 Saisie des bébés chimpanzés et leur acheminement au CRPL.
Au total, 12 chimpanzés ont été récupérés. De ces 12 récupérés, 7 acheminés sains et bien portant au centre de réhabilitation. Par contre, 5 d’entre ceux-ci n’ont malheureusement pas survécu suite aux infections des blessures, au traumatisme, au stress, à la famine et à la fatigue causés par les mauvaises conditions de leur détention par les individus non instruits ; en plus de cela, la longue attente du moyen d’acheminement au centre de réhabilitation a aussi contribué grandement à la perte de ces rescapés primates.

2Bébé chimpanzé grièvement blessé à la tête par une balle des braconiers. Bafwasende, 2020.
Un constat amère lors de cette mission était que, la plupart de ces bébés chimpanzés ont été récupérés dans les mains des militaires (FARDC) qui les auraient soit ravis, soit achetés auprès des braconniers. Aux côtés des orphelins chimpanzés, d’autres espèces ont été récupérées comme le perroquet gris (Psittacus erythacus), des tortues, le pyton (Python sebae), le varan, un léopardeau (Panthera pardus), des babouins (Papio anubis) et autre petits singes (Cercopithecus sp).
Jusqu’à ce jour, nous considérons le COVID-19 comme une menace importante qui favorise plus facilement le trafic des animaux sauvages déjà menacés d’extinction (surexploitation généralisée des ressources naturelles) dont la plupart sont des espèces totalement protégées, endémiques et de haute valeur en RDC.
Pour la réalisation de cette activité, COPHEGs s’est buttée à plusieurs difficultés d’ordre financier. Nous ne disposons suffisamment des fonds sécurisés pour les récupérations, le transport des animaux, la sensibilisation efficace et continue, la prise en charge immédiate des animaux récupérés (alimentation et médicaments), la motivation des gardes de l’ICCN utilisés dans les récupérations, la fabrication des cages de transit et de transfert, etc. Un besoin urgent se fait sentir en appui financier afin de poursuivre cette mission car il en reste encore beaucoup à sauver. L’engament de COPHEGs reste fort et intact pour sauver les vies des espèces fauniques, victimes du braconnage durant et après cette pandémie à Corona Virus. Agissez ensemble avec nous.





